Cette sculture m'a été inspirée par un tableau du peintre allemand Otto Dix qui, traumatisé par son expérience de la Grande guerre, va retranscrire dans son oeuvre sa vision très crue et désenchantée du monde. Fondateur du groupe de la « Nouvelle objectivité otesques », qui incarnent une société meurtrie et décadente.
Dans Le marchand d'allumettes, Dix reprend la thématique de l'ancien combattant meurtri dans sa chair, mais il ajoute une dénonciation de la société allemande de l'après-guerre. La vie a repris son cours, laissant de côté ces hommes détruits, obligés de mendier pour survivre, invisibles au milieu d'un foule qui ne se rend pas compte de leur présence (dans le tableau, les passants ne sont que des jambes, anonymes, qui passent sans s'arrêter). Personne n'entend plus ce « héros », qui s'est battu pour la patrie : de sa bouche sort un flot d'écritures illisibles, comme si ses paroles ne voulaient plus rien dire. Et, comble du mépris, un chien lui urine dessus, comme s'il n'était qu'un vulgaire lampadaire...
Professeur à l'Académie des Beaux-arts de Dresde à partir de 1927, Otto Dix doit quitter son poste après l'arrivée au pouvoir des nazis, qui considèrent son travail comme de « l'art dégénéré ». En 1938, il est arrêté par la Gestapo et emprisonné quelques temps. En 1939, une grande partie de ses oeuvres sont détruites par les nazis.Après la guerre il poursuit sa vie en peignant des paysages, se tenant à l'écart du monde artistique.
















